Développeur de jeu vidéo

14 ans d'expérience dans le jeu vidéo

Plus de 100 jeux vidéo créés

Plus de 10 millions de téléchargements à travers le monde

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MON HISTOIRE
Chapitre par chapitre, mon parcours dans le secteur du jeu vidéo à la Réunion
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Médias & Presse
Chapitre 1 — NP Cube, les pionniers du jeu vidéo à La Réunion [2002]

Au début des années 2000, La Réunion ne possède pas encore d’industrie du jeu vidéo. L’île est riche de créativité, de talents artistiques et de passionnés de technologies, mais aucun studio n’a encore tenté de produire un jeu vidéo d’envergure internationale.

À cette époque, l’idée même de développer un jeu vidéo depuis une île située au cœur de l’océan Indien peut sembler irréaliste. L’industrie est concentrée en Amérique du Nord, en Europe et au Japon. Les grands studios disposent de moyens considérables, d’équipes nombreuses et d’un accès direct aux marchés mondiaux.

Et pourtant, c’est précisément dans ce contexte qu’une aventure hors du commun commence. Au Port, une équipe de passionnés décide de relever un défi immense : créer un studio de jeu vidéo capable de produire un projet ambitieux depuis La Réunion. Ce studio s’appellera NP Cube.

La naissance d’un rêve

NP Cube est fondé en 2002 par un groupe de créateurs et de développeurs passionnés par les technologies 3D et les univers virtuels.

Parmi les fondateurs figurent :

  • César Jacquet
  • Christophe Nazaret
  • Laurent Paret
  • Vincent Pelisson
  • Vincent Pourieux

Ces pionniers partagent une vision commune : prouver que La Réunion peut être un territoire de création technologique et artistique capable de rivaliser avec le reste du monde.

Le nom NP Cube provient des initiales de plusieurs fondateurs, symbole d’un projet collectif construit autour d’une même passion.

À cette époque, tout reste à inventer. Il n’existe pas encore d’écosystème local du jeu vidéo. Les ressources sont limitées, les références inexistantes, et les structures d’accompagnement presque absentes. Mais l’équipe possède une chose essentielle : l’ambition.

Un projet colossal : Dark and Light

Dès ses débuts, NP Cube se lance dans un projet extrêmement ambitieux : la création d’un MMORPG, un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur. Le projet prend le nom de Dark and Light.

Pour un jeune studio situé dans l’océan Indien, développer un MMORPG représente un défi gigantesque. À l’époque, seuls quelques studios internationaux expérimentés maîtrisent ce type de production. Mais l’équipe de NP Cube voit grand.

Le jeu promet un monde immense, ouvert, persistant, dans lequel des milliers de joueurs pourraient évoluer simultanément. L’univers mêle fantasy, exploration et liberté de jeu dans un monde virtuel gigantesque.

Une aventure internationale depuis La Réunion

Au fil des années, Dark and Light attire l’attention de la communauté internationale du jeu vidéo. Le projet se distingue par ses ambitions technologiques et par l’originalité de son origine géographique : un MMORPG développé depuis une île de l’océan Indien.

Pour accompagner la distribution du jeu, une structure d’édition appelée Farlan Entertainment est créée, basée à l’île Maurice. Le projet devient alors une collaboration régionale entre plusieurs acteurs.

Pendant plusieurs années, l’équipe travaille intensément à La Réunion pour donner vie à cet univers. NP Cube devient ainsi le premier véritable laboratoire du jeu vidéo réunionnais.

Les défis d’un projet pionnier

Mais comme souvent dans les aventures pionnières, les obstacles sont nombreux. Créer un MMORPG nécessite des ressources techniques et financières considérables. La complexité du projet, les défis technologiques et les réalités économiques viennent progressivement compliquer le développement.

Au milieu des années 2000, plusieurs difficultés apparaissent :

  • des retards de production,
  • des évolutions dans l’équipe,
  • des défis techniques liés à l’ampleur du projet.

Des conflits juridiques émergent également autour de certaines technologies utilisées dans le moteur du jeu, ce qui entraîne des procédures judiciaires qui affectent le studio. Ces événements fragilisent l’équilibre du projet et ralentissent son évolution.

La fin d’une aventure, le début d’une histoire

Le jeu Dark and Light sort finalement en 2006. Mais malgré l’énergie et l’engagement des équipes, le projet ne parvient pas à atteindre toutes les ambitions initiales. Les difficultés accumulées pèsent lourdement sur l’avenir du studio.

Au fil des années suivantes, l’activité de NP Cube diminue progressivement. Vers 2009, la société cesse officiellement ses activités. Ainsi s’achève l’histoire du premier studio de jeu vidéo structuré de La Réunion.

Un héritage qui dépasse le studio

Si l’aventure de NP Cube se termine, son influence ne disparaît pas pour autant. Au contraire. NP Cube aura marqué un moment fondateur dans l’histoire du jeu vidéo réunionnais. Le studio a prouvé qu’il était possible d’imaginer, concevoir et développer des univers numériques ambitieux depuis La Réunion.

Parmi les personnes ayant participé à cette histoire, Christophe Nazaret et Laurent Paret ont joué un rôle important dans la transmission de cette expérience et dans l’accompagnement de talents émergents.

L’histoire continue

Aujourd’hui, une nouvelle génération de créateurs réunionnais développe des jeux, fonde des studios et construit progressivement un véritable écosystème.

Une histoire qui commence au début des années 2000, dans un studio installé au Port, où une poignée de passionnés a décidé de tenter l’impossible. Cette histoire s’appelait NP Cube. Et sans ces pionniers, le jeu vidéo à La Réunion ne serait probablement pas ce qu’il est en train de devenir.

Logo NP Cube
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Chapitre 2 — Darie Lionel : de la passion à la curiosité

Mon histoire avec le jeu vidéo commence à l’époque de la Sega Master System, une console 8 bits qui a marqué la fin des années 1980 et le début des années 1990. À cette période, le jeu vidéo commençait à entrer dans de nombreux foyers et ouvrait la porte à un univers encore nouveau pour beaucoup de joueurs.

Le tout premier jeu auquel j’ai joué fut Alex Kidd in Miracle World. Ce jeu de plateforme avait une particularité : dans certaines versions de la Master System, il était directement intégré à la console. Il suffisait simplement d’allumer la machine sans insérer de cartouche pour commencer l’aventure.

C’est avec ce jeu que j’ai découvert pour la première fois le plaisir de jouer.

Par la suite, je découvre Sonic ainsi que plusieurs autres grands titres de la Master System. Chaque nouveau jeu était une nouvelle aventure, une nouvelle découverte. Peu à peu, ma passion pour le jeu vidéo grandissait.

La PlayStation : une nouvelle dimension

Quelques années plus tard, une console allait marquer profondément ma génération : la PlayStation. Avec elle, le jeu vidéo entrait dans une nouvelle dimension. Les jeux devenaient plus ambitieux, les univers plus vastes et la 3D commençait à transformer l’expérience de jeu.

À cette époque, je passais de longues heures sur des titres devenus aujourd’hui des classiques incontournables : Gran Turismo, Tekken ou encore Metal Gear Solid.

Final Fantasy VII : le déclic

Mais parmi tous les jeux que j’ai découverts sur PlayStation, l’un d’eux a profondément changé ma vision du jeu vidéo : Final Fantasy VII.

Jusqu’à ce moment-là, le jeu vidéo représentait surtout pour moi un moment de plaisir, de défi et d’amusement. Mais Final Fantasy VII m’a fait découvrir une autre dimension : la narration.

L’histoire, les personnages, l’émotion et la profondeur du récit m’ont profondément marqué. Ce n’était plus seulement un jeu. C’était une aventure, une histoire capable de toucher les joueurs et de les immerger dans un univers riche et complexe.

« J’ai compris que le jeu vidéo pouvait être bien plus qu’un simple divertissement : il pouvait raconter des histoires puissantes, transmettre des émotions et marquer durablement les joueurs. »
La PlayStation 2 : la curiosité

Puis est arrivée la PlayStation 2, une console qui allait encore repousser les limites du jeu vidéo et marquer toute une génération.

C’est durant cette période qu’une nouvelle forme de curiosité est apparue en moi. Je ne me contentais plus seulement de jouer : je voulais comprendre.

Je me posais de nombreuses questions :

  • Comment les personnages étaient-ils créés ?
  • Comment les décors et les univers prenaient-ils vie ?
  • Qui étaient les personnes derrière ces jeux qui nous faisaient rêver ?
  • Quels étaient les métiers qui permettaient de créer ces mondes interactifs ?

À cette époque, toutes ces questions restaient sans réponse. Mais elles ont fait naître en moi quelque chose de plus profond qu’une simple passion.

Peu à peu, une idée a commencé à prendre forme dans mon esprit. Puis cette idée est devenue une ambition : un jour, je voulais devenir créateur de jeux vidéo.

Darie Lionel
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Chapitre 3 — L’ILOI : une opportunité pour se rapprocher d’un rêve [2008]

Lorsque j’étais encore au collège, j’avais déjà compris une chose importante : à La Réunion, il n’existait aucune école ni formation spécialisée dans la création de jeux vidéo.

À cette époque, mon rêve de devenir créateur de jeux vidéo semblait donc très difficile à atteindre. Faute de possibilité pour poursuivre cette voie directement, j’ai décidé de mettre ce rêve de côté, quelque part dans un coin de ma tête.

Après le collège, je me suis orienté vers un lycée professionnel, en Maintenance des Équipements Industriels. Ce choix n’avait pas de lien direct avec le jeu vidéo, mais c’était le parcours qui s’offrait à moi à ce moment-là.

La découverte de l’ILOI

Pourtant, durant mes années de lycée, une opportunité inattendue allait changer la situation.

J’ai appris l’existence d’un centre de formation à La Réunion qui proposait un apprentissage dans les domaines de la création numérique et du multimédia, avec des compétences qui pouvaient se rapprocher du monde du jeu vidéo.

Cette découverte, je la dois à Monsieur Gallo Jean Pierre, professeur d’arts plastiques qui intervenait dans mon lycée mais aussi à l’ILOI. C’est lui qui m’a parlé de cette école et qui m’a fait prendre conscience que ce chemin pouvait exister pour moi.

Ce centre s’appelait l’ILOIl’Institut de l’Image de l’Océan Indien. Pour moi, ce fut une véritable révélation.

Pour la première fois, une opportunité concrète semblait s’ouvrir devant moi. Le rêve que j’avais mis de côté redevenait soudainement possible.

À partir de ce moment-là, mon objectif était clair : obtenir mon baccalauréat afin de pouvoir continuer mes études et tenter d’intégrer cette formation. Je savais que ce ne serait qu’une première étape, mais c’était une étape essentielle.

Apprendre, comprendre, devenir polyvalent

Lorsque j’ai finalement intégré l’ILOI, j’étais déterminé à apprendre le plus possible. Pendant quatre années, j’ai travaillé dur pour acquérir un maximum de compétences.

Dans l’univers du jeu vidéo, il existe de nombreux métiers, et chaque discipline joue un rôle essentiel dans la création d’un jeu.

Par exemple :

  • programmeur
  • graphiste
  • animateur
  • level designer
  • game designer
  • sound designer

Souvent, on me disait qu’il fallait se spécialiser dans un domaine précis. Lorsque l’on me posait la question, je répondais généralement que je voulais devenir modeleur 3D pour le jeu vidéo.

« Mais au fond de moi, mon objectif était un peu différent : je voulais être polyvalent. »

Je voulais comprendre tous les aspects de la création d’un jeu vidéo : la création des personnages, la modélisation des décors, l’animation, la conception des mécaniques de jeu et tout ce qui permet de donner vie à un univers interactif.

Une ambition claire

Mon ambition était claire : à la sortie de l’ILOI, je voulais créer mon entreprise et travailler en indépendant, afin de pouvoir développer et réaliser mes propres jeux vidéo.

C’était un défi immense, mais c’était aussi ce rêve qui me motivait à apprendre toujours plus. Durant ces années, j’ai travaillé sans relâche. Même en dehors des heures de formation, je continuais à apprendre et à pratiquer chez moi afin d’acquérir un maximum de compétences.

Chaque nouvel outil maîtrisé, chaque nouvelle technique apprise me rapprochait un peu plus de mon objectif : créer un jour mes propres jeux vidéo.

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Chapitre 4 — Christophe Nazaret : Dream Up, mon mentor

C’est à l’ILOI, l’Institut de l’Image de l’Océan Indien, que mon chemin dans le jeu vidéo est devenu plus clair.

Depuis longtemps déjà, je voulais créer des jeux vidéo. Mais c’est durant cette période que j’ai commencé à comprendre concrètement ce que je devais faire pour transformer ce rêve en réalité.

À ce moment-là, je ne savais pas encore que cette rencontre allait profondément marquer mon parcours.

Un jour, lors de mon premier cours consacré au jeu vidéo, un intervenant est venu rencontrer les étudiants. Cet homme s’appelait Christophe Nazaret.

Avant même son implication dans le développement du jeu vidéo à La Réunion, Christophe Nazaret possédait déjà une solide expérience dans l’industrie du jeu vidéo.

Au début des années 1990, il travaille comme programmeur chez Infogrames, l’un des grands studios français de l’époque. Il participe notamment au développement de plusieurs jeux de la célèbre série Alone in the Dark, considérée aujourd’hui comme l’une des pionnières du survival horror en 3D et une référence importante dans l’histoire du jeu vidéo.

Ces expériences lui permettent d’acquérir une solide expertise technique ainsi qu’une compréhension approfondie du développement de jeux vidéo.

Quelques années plus tard, en 1997, il cofonde son propre studio de développement, Gamesquad, poursuivant ainsi son parcours dans l’industrie vidéoludique avant de participer, au début des années 2000, à la création du studio NP Cube à La Réunion.

La création de Dream-Up

Après son expérience dans plusieurs studios et sa participation à l’aventure NP Cube, Christophe Nazaret décide de poursuivre son parcours dans l’industrie du jeu vidéo en créant son propre studio.

C’est ainsi qu’il fonde en 2003 le studio indépendant Dream-Up. Avec ce studio, il se spécialise dans le développement de jeux vidéo mobiles, principalement destinés aux plateformes Android et iOS.

Dream-Up développe surtout des jeux d’arcade, en particulier des jeux de course, accessibles à un large public et diffusés à l’international sur les stores mobiles.

« Ce n’était pas simplement un cours. C’était une ouverture vers un univers. »
Une rencontre déterminante

Au fil des échanges, j’ai commencé à comprendre que Christophe Nazaret n’était pas seulement un intervenant ou un formateur.

C’était l’un des pionniers du jeu vidéo à La Réunion, ayant participé à l’aventure NP Cube et au développement du MMORPG Dark and Light.

Mais au-delà de son parcours impressionnant, ce qui m’a marqué chez lui, c’est sa vision. Il ne parlait pas seulement de technologie. Il parlait de création, de stratégie et de méthode.

Il expliquait comment réfléchir à un projet de jeu vidéo :

  • par quoi commencer,
  • comment structurer une idée,
  • comment transformer une vision en projet concret.

Ces discussions ont profondément influencé ma manière de voir le développement de jeux.

Bien plus qu’un professeur

Avec le temps, Christophe Nazaret est devenu bien plus qu’un simple formateur pour moi. Il est devenu un mentor.

Je dirais même plus : dans mon parcours, il a été comme un deuxième père.

Il m’a motivé, soutenu et encouragé à poursuivre mes ambitions. Il m’a ouvert des portes et m’a pris sous son aile à un moment où j’avais encore énormément à apprendre.

Les compétences techniques sont importantes dans le jeu vidéo. Mais ce que Christophe Nazaret m’a transmis allait bien au-delà : il m’a transmis une manière de penser la création.

DreamGame : un moteur pour créer

Christophe Nazaret n’était pas seulement un créateur de jeux. C’était aussi un créateur de technologies. Il a développé un moteur de jeu appelé DreamGame (souvent abrégé DG), conçu pour permettre la création de jeux vidéo.

Créer un moteur de jeu est un défi extrêmement complexe : c’est l’outil qui permet de donner vie à des univers interactifs, de gérer la logique du jeu, les interactions, l’affichage et de nombreux systèmes essentiels.

La puissance de DreamGame résidait dans sa facilité d’utilisation et dans sa capacité à permettre de créer des jeux rapidement.

Mais comme tout outil, un moteur de jeu ne fait pas tout. L’outil n’est qu’un moyen. Encore faut-il savoir quoi en faire.

« J’ai décidé de devenir un expert de DreamGame. »

Une détermination sans faille

Pendant que les cours à l’ILOI permettaient aux étudiants de découvrir progressivement le moteur, moi je continuais à travailler chez moi, souvent pendant des heures, pour aller encore plus loin.

Je voulais comprendre chaque fonctionnalité, chaque possibilité, chaque manière d’exploiter le moteur. J’avais une soif immense d’apprendre.

Plusieurs éléments s’alignaient à ce moment précis :

  • mon rêve de créer des jeux vidéo,
  • un outil puissant entre mes mains,
  • la possibilité d’échanger directement avec Christophe Nazaret.

Tout cela m’a donné une énergie incroyable. Je travaillais sans relâche. J’expérimentais, je testais, je créais.

Avec le recul, je peux dire qu’à ce moment-là, quelque chose s’est installé en moi : une détermination sans faille, capable de résister à tous les obstacles.

L’outil qui a changé ma carrière

La rencontre avec DreamGame a été incroyablement importante dans ma carrière professionnelle. C’est grâce à cet outil que j’ai pu commencer à créer mes propres jeux et à développer mes premières expériences.

Grâce à ce moteur, j’ai pu créer plus de 100 jeux vidéo mobiles, téléchargés plus de 10 millions de fois à travers le monde.

Si quelqu’un m’avait dit un jour que j’arriverais à accomplir cela, je ne l’aurais probablement jamais cru.

Une reconnaissance profonde

Avec le recul, je sais que je ne pourrai jamais rendre entièrement tout ce que Christophe Nazaret m’a apporté. Il m’a transmis des connaissances, bien sûr, mais surtout : une vision, une méthode, une confiance.

« Dans la vie d’un créateur, certaines rencontres changent tout. Pour moi, la rencontre avec Christophe Nazaret en fait partie. »

La fin d’une formation, le début d’un chemin

Après quatre années de formation à l’ILOI, le moment est finalement arrivé : j’ai obtenu mon Master Jeu Vidéo. Ce jour-là, j’ai ressenti un bonheur immense.

Ce diplôme représentait bien plus qu’un simple titre. Il symbolisait des années d’apprentissage, de travail, de passion et de détermination.

Je ressentais une profonde gratitude :

  • envers l’ILOI, qui m’avait offert l’opportunité de me rapprocher de mon rêve,
  • envers Alain Séraphine, le fondateur de cette école,
  • envers tous les intervenants et formateurs (Thierry Brochart, Hubert Chardot, Laurent Paret, et bien d’autres),
  • et bien sûr, envers Christophe Nazaret, mon mentor.

Mais à ce moment précis, une nouvelle étape commençait : la formation était terminée. Les années d’apprentissage laissaient place à une nouvelle réalité : le monde professionnel.

« Et désormais… c’était à moi de jouer. »

Si vous souhaitez découvrir les jeux vidéo créés par Christophe Nazaret et l’univers Dream Up, vous pouvez les explorer ici :

Découvrir ses jeux !
Dream Up
Chapitre 5 — Darie Productions : les premiers pas [2012]

Après ma sortie de l’ILOI, diplôme en main et compétences en poche, une chose était claire dans mon esprit : je devais maintenant créer mon entreprise.

Sur le papier, l’idée semblait simple. Je savais créer des jeux vidéo, concevoir des projets et utiliser les outils nécessaires au développement.

Mais très vite, je me suis heurté à une réalité à laquelle je n’étais pas préparé : l’administration.

Créer une entreprise signifiait comprendre les démarches, les statuts, les formulaires et toutes les procédures nécessaires pour se lancer. Pour être honnête, j’étais complètement à la rue.

Les obstacles du début

À cela s’ajoutait une autre difficulté.

Beaucoup d’aides destinées aux jeunes qui souhaitent créer leur entreprise m’ont été refusées.

La raison revenait souvent : « Le jeu vidéo, ça se fait en métropole ou au Canada… pas à La Réunion. »

À cette époque, l’idée de développer des jeux vidéo depuis l’île semblait encore irréaliste pour beaucoup de personnes.

Mais pour moi, c’était justement l’objectif : prouver que c’était possible.

Les premiers soutiens

Heureusement, je n’étais pas seul. J’ai commencé avec les coups de main financiers de mes parents, qui m’ont permis de faire mes premiers pas.

Puis j’ai découvert l’ADIE, une association qui aide les personnes à créer leur entreprise.

Grâce à leur accompagnement et à leur soutien, j’ai finalement pu ouvrir officiellement mon entreprise.

Le début de l’aventure

Le numéro SIRET obtenu, le matériel prêt, tout était enfin en place.

Cette fois, c’était officiel.

L’aventure Darie Productions pouvait commencer.

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Chapitre 6 — De mes premiers jeux à aujourd’hui

Après la création de mon entreprise, une nouvelle aventure commençait réellement : le début de ma carrière professionnelle dans le jeu vidéo.

Les premiers apprentissages

Pendant ma formation, je m’entraînais à créer de petits jeux vidéo. Ces mini-projets m’ont appris deux choses très importantes.

La première difficulté, c’est savoir s’arrêter. Quand on développe un jeu, on peut toujours ajouter quelque chose : une nouvelle idée, une amélioration, un détail en plus. Mais si l’on ne fait pas attention, on tombe dans un piège fréquent : le jeu qui ne se termine jamais. À un moment, il faut accepter de dire : le jeu est terminé.

La deuxième étape importante est la publication. Publier un jeu signifie que le monde entier peut le voir et y jouer. Il y aura des retours positifs, mais aussi des critiques. Il ne faut pas en avoir peur : les retours négatifs permettent d’améliorer le jeu, et les retours positifs donnent la motivation pour continuer.

Pour un créateur de jeux vidéo, publier son jeu et se confronter aux joueurs est une étape essentielle pour progresser.

Mon premier jeu vidéo publié s’appelait Ambush Zombie. À cette époque, nous étions en 2012, et le marché du jeu mobile était encore relativement jeune. Il y avait beaucoup moins de studios et de développeurs qu’aujourd’hui sur les stores internationaux.

Cette situation offrait une opportunité rare : il était plus facile de se faire remarquer et de trouver son public. Ambush Zombie a plutôt bien fonctionné et m’a permis de comprendre que mon projet de vivre du jeu vidéo pouvait réellement devenir possible.

C’est aussi à cette période que j’ai rencontré une personne qui allait compter dans mon parcours : Thierry Brochart, fondateur de Gamayun Productions. Je l’ai connu grâce à Christophe Nazaret, qui le connaissait depuis longtemps.

Thierry Brochart possède une longue expérience dans le développement de jeux vidéo. Dès les années 1980, il apprend la programmation en BASIC puis en assembleur 6502 sur Apple II, avec l’aide de son grand frère. C’est d’ailleurs pendant ses années de lycée qu’il publie son premier jeu programmé en assembleur. Au cours de sa carrière, il travaille notamment dans l’environnement d’Infogrames et participe à plusieurs projets de jeux vidéo comme Mystical (1990), Time Commando (1996) ou encore Pretzel Pete (1998).

Très vite, nous avons commencé à échanger autour du jeu vidéo, du marché mobile et des différentes possibilités de projets. Thierry possédait une grande expérience dans le domaine et, au fil du temps, il est devenu pour moi comme un second mentor.

Pendant que je continuais à développer mes propres jeux, nous avons également décidé de créer ensemble des jeux mobiles. Le premier projet sur lequel nous avons travaillé s’appelait XFMX, un jeu de freestyle moto.

Et là… ce fut une belle surprise. Le jeu a rencontré un véritable succès sur Android et a dépassé le million de téléchargements.

Je découvrais pour la première fois ce que représentait réellement le fait d’atteindre un million de téléchargements. Cette réussite m’a apporté une immense satisfaction et m’a confirmé que réussir dans le jeu vidéo était vraiment possible.

Les premiers succès

Peu de temps après, j’ai développé mon premier jeu de course : Frantic Race.

Ce jeu a rencontré un véritable succès et a dépassé les 2 millions de téléchargements. Pour un développeur indépendant basé à La Réunion, c’était une étape très importante.

C’est au cours de l’année 2013 que j’ai rencontré les membres de Funky Monkey Studios, un autre groupe de développeurs de jeux vidéo à La Réunion (également formés à l’ILOI).

J’ai ensuite continué à expérimenter de nouvelles idées. J’ai notamment été le premier à créer un jeu de course avec des dinosaures. Lui aussi a rencontré un beau succès, dépassant le million de téléchargements et approchant aujourd’hui les 2 millions.

Parmi les jeux qui ont également marqué cette période, on peut citer Bumper Car Destruction, un jeu de course d’auto-tamponneuses armées dans lequel les joueurs pouvaient s’affronter dans des arènes explosives.

Vivre de sa passion

Les projets se sont ensuite enchaînés. Jeu après jeu, j’ai continué à créer, à expérimenter et à publier de nouveaux titres.

Petit à petit, ces jeux m’ont permis d’atteindre un objectif très important pour moi : vivre de mon métier de créateur de jeux vidéo.

2014 : la création de Bouftang

Avec le temps, de plus en plus de développeurs de jeux vidéo apparaissaient à La Réunion. Nous avons alors compris qu’il était important de nous rassembler.

C’est ainsi qu’en 2014, nous avons créé l’association Bouftang afin de fédérer les créateurs de jeux vidéo de l’île.

Je fais partie des fondateurs de cette association.

À La Réunion, beaucoup de personnes ont commencé à entendre parler de moi autour de 2015, alors que je travaillais déjà dans le jeu vidéo depuis 2012.

C’est assez logique : au début de ma carrière, je ne développais pas de jeux spécifiquement liés à La Réunion. Mon objectif principal était d’abord de réussir à vivre de mon métier en créant des jeux pour le marché international.

Une fois cet objectif atteint, j’ai pu commencer à réaliser des jeux inspirés de La Réunion, destinés aux Réunionnais.

C’était pour moi une grande fierté : utiliser mon métier de créateur de jeux vidéo pour mettre en valeur mon île et partager une partie de la culture réunionnaise à travers mes créations.

Les années ont passé, et l’aventure Darie Productions a continué de grandir.

Aujourd’hui, plus de 100 jeux vidéo ont été créés et publiés, principalement sur mobile. Ces jeux ont été téléchargés plus de 10 millions de fois à travers le monde.

Plusieurs jeux inspirés de La Réunion ont également vu le jour, contribuant à mettre en avant la culture et l’identité de l’île dans l’univers du jeu vidéo.

Un travail qui dépasse la création de jeux

Avec le temps, mon activité ne s’est pas limitée uniquement au développement de jeux vidéo.

  • création de jeux vidéo pour des entreprises locales
  • animations autour du jeu vidéo péï lors d’événements à La Réunion
  • ateliers de sensibilisation aux métiers du jeu vidéo sur l’île

À travers ces actions, mon objectif reste toujours le même : montrer qu’il est possible de créer des jeux vidéo à La Réunion et inspirer une nouvelle génération de créateurs.

Un rêve devenu réalité
Des premières dans l’histoire du jeu vidéo réunionnais

Au fil des années, certains de mes jeux ont marqué des étapes importantes dans l’histoire du jeu vidéo à La Réunion.

En 2013, mon premier million de téléchargements avec mon premier jeu vidéo de course Frantic Race .

En 2015, je développe Speed Intense Island, le premier jeu vidéo réunionnais utilisant l’île de La Réunion comme décor.

En 2024, je crée Street Totochèr, le premier jeu de combat développé à La Réunion.

Aujourd’hui encore, de nouveaux projets continuent d’arriver. De nouveaux jeux sont en développement et l’aventure continue.

Je vis mon rêve. Je vis ma passion.

Ce métier n’est pas toujours facile. Certains jours sont difficiles, mais malgré les obstacles, créer des jeux vidéo reste pour moi un immense bonheur. "Tiembo largu' pa!"